Rencontre avec Mme Procaccia et Mr Sabouret

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 Compte rendu 03.02.2020 :

Nous avons rencontré la sénatrice, Madame Procaccia ainsi que son administrateur Monsieur Sabouret. Ils travaillent au sein de l’office parlementaire des choix scientifiques et technologiques. Cette entité regroupe des sénateurs et des députés qui s’épanchent sur les questions scientifiques. Cet office est également le lieu au sein duquel les propositions de lois sont élaborées.

La Phagothérapie fait aujourd’hui partie des thématiques ayant suscité leur curiosité, et les questions qui ont été posées lors de cette réunion ont été les suivantes:

Faudrait-il utiliser les Phages à titre complémentaire, ou s’agirait –il d’une substitution?

Quelles seront les modalités d’un tel développement ?

Pourquoi est-ce si lent alors que nous sommes dans une situation critique?

Il convient par ailleurs de préciser que nos interlocuteurs nous ont fait part qu’une série d’audiences à été réalisée auprès de scientifiques et de médecins.

On  nous a expliqué qu’il y avait un processus (d’ailleurs contraignant) d’autorisation de mise sur le marché. Nous lui avons présenté un VIDAL de 1977 prouvant que les phages étaient inscrits à la pharmacopée sans AMM, mais sous le couvert d’un visa.

Dans la mesure ou les industries pharmaceutiques ne produisent pas de phages, il est difficile de les mettre sur le marché puisque les traitements mis sur le marché dépendent de la possibilité des laboratoires pharmaceutiques à produire ou non le traitement en question. D’ailleurs, la classification dudit traitement en tant que « médicament »  est nécessaire, et au regard de la législation française et de l’Union Européenne, les Phages ne sont pas un médicament.

L’idée pour que celle-ci puisse être développée serait ainsi la suivante: Sortir du carcan administratif qui constitue une contrainte très lourde, faisant retarder le processus de mise sur le marché.

En outre, par le biais de cette réunion nous avons pu apprendre ou du moins avoir la confirmation  que les laboratoires ont l’exclusivité des avancées (il y d’ailleurs aurait des financements privés qui impacteraient les avancées).

Nous avons également eu confirmation que pour pouvoir bénéficier des autorisations temporaires d’utilisation, le patient devrait être quasi-mourant! Et que cela n’était pas pour autant un gage d’acceptation.

La directrice de VETOPHAGE (Startup Lyonnaise qui nous a gentiment accueilli dans ses locaux)a fait part du fait que nombreux sont les pays qui avancent en la matière. Les Etats-Unis ont déjà débuté des «tests» sur l’homme il y a 15 jours de cela, notamment pour les infections urinaires.

Ce laboratoire possède une banque de phages … mais pour l’heure seul les animaux pourraient en bénéficier (selon les instances décisionnaires). Leur maladie engendre des pertes économiques très fortes. Prenons pour exemple les mammites contractées par les vaches. L’infection empêche la vente du lait, ce qui débouche donc sur une perte de revenus pour les producteurs.

Ce type de traitement permet également d’éviter la propagation de la maladie sur l’homme et de perpétrer ce phénomène d’Antibio-résistance. En consommant une viande, du poisson, du lait etc. issus d’animaux traités par antibiotique, l’homme ingère ces antibiotiques de façon passive et anonyme.

Précisons également que l’Allemagne, Israël, le Vietnam et d’autres pays  sont en train d’avancer en matière de recherche, de production tandis qu’en France, cela demeure difficile et semble parfois impossible.

Pourtant, la directrice de VETOPHAGEa bien précisé que les phages (que l’on retrouve dans la nature) font l’objet d’un protocole très rigoureux. Les phages pouvant être utilisés sont filtrés, purifiés. Il y a une sélection qui se veut extrême.  Les phages sont créés de manière rigoureuse, propre et ne présentent par ailleurs aucune toxicité. La directrice de VETOPHAGE ainsi que son époux nous ont expliqué qu’ils étaient prêts à mettre le processus en marche. Ils maitrisent l’ensemble de ces processus indispensables.

Seulement, une fois encore, comme cela a pu être relaté par la sénatrice, c’est l’AMM (autorisation de mise sur le marché), ainsi que l’ANSM (agence nationale de sécurité du médicament) qui bloquent le retour de cette thérapie. Comme nous l’explique l’administrateur, il faut des analyses coût/bénéfice. De part et d’autre, les démarches administratives sont très longues. Rappelons que l’une des plus grandes contraintes réside en ce que les phages sont naturels et ne sont pas produits par des laboratoires pharmaceutiques. Il faudrait par ailleurs qu’ils puissent être intégré au sein de la classification « médicament », mais cela représente une difficulté puisqu’il ne s’agit pas vraiment d’un médicament. L’idée qu’il ressort serait donc que, dans la mesure où il ne peut intégrer ladite classification, il faudrait laisser la décision quant à son usage aux spécialistes. D’ailleurs, la directrice de cette startup à fait part d’une information très intéressante: la création des phages ne pourrait prendre que deux semaines et ce avec une bonne méthode, d’autant plus qu’on ne rencontre pas de problème quant à leur disponibilité puisqu’il y en a en France.

L’utilisation des phages serait de plus très strict, bien encadrée, prescrite par des médecins.

La question qui a été adressé à la sénatrice et son administrateur a été la suivante:

Comment mettre en valeur ce que l’on a ? Et ce qu’il y a un retour possible ?

La sénatrice répond à cela que les politiques qui s’épanchent sur la question croient à un retour possible de la phagothérapie, mais reste toujours l’obstacle des blocages administratifs difficiles à contourner. Le cadre juridique est beaucoup trop strict (il faut passer par plusieurs phases qui prennent du temps, dont la phase d’expérimentation ect…). Il y a eu l’idée de la préparation magistrale, mais il faut un lien avec la pharmacopée.  Une autre proposition intéressante est ressortie peut-être penser à établir une convention médicale entre les différents Etats.

Cela laisse à penser que le retour de cette thérapie va aboutir. La question finale auquel nous n’avons pas de réponses est: QUAND?

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